Workshop tri des déchets
Une semaine de workshop pour faire concevoir le tri interne de l'école par ses étudiants
- Établissement
- Besign School, première école de design spécialisée en développement durable d'Europe
- Commanditaire
- Sandrine Lebas, directrice pédagogique
- Format
- Semaine de workshop, 5 jours, animée en anglais
- Public
- Étudiants de L1 à M1, tous niveaux confondus, 99 % d'étudiants internationaux
- Année
- 2024, reconduit en décembre 2026
- Point de départ
- Une école exemplaire sur ses projets clients, moins sur ses propres pratiques
La Besign School forme des designers au développement durable et mène d'excellents projets pour ses entreprises partenaires. En interne, comme partout, le sujet passait après la pédagogie et les projets clients. La direction pédagogique a confié à Isssa une semaine de workshop pour que les étudiants analysent les déchets de leur propre école et conçoivent la solution. Deux ans après, le dispositif qu'ils ont fabriqué est toujours en place et leur vidéo est rediffusée à chaque rentrée.
Où en était la Besign School avant ?
La Besign School est la première école de design d'Europe spécialisée en développement durable. Ses étudiants travaillent sur des projets d'entreprise exigeants, et le contenu pédagogique mobilise l'essentiel de l'énergie des équipes. C'est précisément ce qui crée l'angle mort : comme dans beaucoup d'organisations, l'engagement interne passe après le travail livré aux clients.
Pour une école qui revendique ce positionnement, l'écart est plus coûteux qu'ailleurs. La direction pédagogique a donc décidé de commencer par ses propres pratiques, en traitant l'école comme un terrain de projet à part entière plutôt que comme un décor.
Le point noir identifié était l'atelier. Les étudiants y manipulent du bois, de l'électronique, des gravats, du papier et du plastique, et aucun dispositif de tri n'y existait.

Quel était l'enjeu ?
Être exemplaire à son propre niveau. Une école qui enseigne la conception durable et qui ne trie pas son atelier fragilise son discours devant ses étudiants comme devant ses partenaires.
Faire travailler les étudiants sur un cas réel et le leur. Un sujet interne se vérifie, se mesure et se met en place, contrairement à un cas d'école.
Obtenir quelque chose qui tienne après la semaine. Une semaine de workshop produit souvent des concepts. L'objectif était un dispositif installé et utilisé.
Comment la semaine a été construite
Un format sprint de cinq jours, animé en anglais, avec des étudiants de L1 à M1 mélangés. La séquence va de l'analyse à la fabrication, avec une décision de la direction au milieu de la semaine.
- 01
Jour 1 · Analyser
Diagnostic des déchets de l'école par les étudiants eux-mêmes : quels flux, en quelles quantités, de quelle qualité, où les contenants sont positionnés, comment ils sont réellement utilisés et compris.
Livrable :Un état des lieux objectif des flux de déchets de l'établissement.
- 02
Jours 2 et 3 · Concevoir
Idéation sur deux axes, l'aménagement des espaces et le dispositif de tri lui-même. Plusieurs concepts sont développés, puis présentés à la directrice pédagogique et à l'administration, qui tranchent.
Livrable :Plusieurs concepts argumentés et une décision formelle de la direction sur la solution à développer.
- 03
Jours 4 et 5 · Fabriquer
Deux groupes en parallèle. Le premier modélise en 3D puis prototype les dispositifs de tri de l'atelier, avec les matériaux de récupération disponibles sur place. Le second produit une vidéo de sensibilisation en motion design.
Livrable :Les dispositifs de tri de l'atelier, la signalétique retravaillée et une vidéo courte de sensibilisation.
Ce que les étudiants ont produit
Les dispositifs de tri de l'atelier, inexistants jusque-là, couvrent les cinq flux manipulés sur place : bois, électronique, gravats, papiers, plastique. Ils ont été modélisés en 3D puis prototypés avec les matériaux de récupération disponibles dans l'atelier, et la signalétique de l'école a été retravaillée dans la foulée.
La vidéo de sensibilisation est courte, réalisée en motion design, et diffusée en interne. Elle ne fait pas de morale : elle expose des faits que personne ne connaissait, quelles quantités de déchets l'école génère, quelle est leur qualité réelle, où ils partent et ce que cela coûte.

Ce qui a été le plus structurant
Le moment clé n'est pas la fabrication, c'est la décision de milieu de semaine. En faisant trancher la directrice pédagogique et l'administration entre plusieurs concepts, le workshop cesse d'être un exercice et devient une commande. Les étudiants ne présentent plus une idée, ils développent une solution retenue, avec un commanditaire identifié et une contrainte de mise en place.
C'est ce qui explique que le dispositif soit encore utilisé deux ans après. Il n'a pas été proposé à l'école, il a été choisi par elle.
Ce que l'école a obtenu
Un diagnostic terrain
Les étudiants ont identifié les flux, leurs quantités, leur qualité et la façon dont les contenants étaient réellement utilisés et compris.
Les dispositifs de tri de l'atelier
Inexistants jusque-là, modélisés en 3D puis prototypés en matériaux de récupération pour le bois, l'électronique, les gravats, les papiers et le plastique.
Une signalétique repensée
Conçue pour un public international où presque personne ne partage les mêmes réflexes de tri.
Une vidéo de sensibilisation
Courte, en motion design, chiffrée, projetée à tous les étudiants à chaque rentrée.
Un dispositif encore en service
Le système créé par les étudiants est toujours utilisé, et la vidéo accompagne encore chaque rentrée.
Un workshop reconduit
La Besign School renouvelle le format en décembre.
Qu'est-ce que ce format de semaine a permis de travailler chez les étudiants que vos enseignements habituels permettent moins facilement ?
La semaine de workshop a permis une immersion approfondie et l'opportunité d'étudier nos propres habitudes de tri et recyclage de manière analytique et objective, et décider de plans d'actions possibles pour améliorer nos systèmes en place.
Qu'est-ce qui a fait que ça a fonctionné, et qu'est-ce que vous souhaiteriez approfondir ?
Je pense que le format intense sprint challenge de la semaine a fourni d'excellents résultats, même si les étudiants auraient probablement pu bénéficier de plus de temps pour fabriquer et mettre en place le design de leur solution sélectionnée.
Deux ans après, qu'est-ce que vous en avez gardé ?
Le système créé par les étudiants est toujours en place et la vidéo de sensibilisation qui avait été créée, aussi par les étudiants, est toujours communiquée lors de chaque rentrée.
Ce qui est transposable à votre école
Traiter vos locaux comme un sujet
Si votre établissement enseigne la transition sans l'appliquer chez lui, vos propres espaces sont le seul terrain où les étudiants peuvent vérifier leurs hypothèses et voir leur solution installée.
Faire arbitrer la direction
Pour qu'un workshop laisse une trace, il faut une décision formelle en milieu de semaine. Sans commanditaire qui tranche, les livrables restent des concepts.
Concevoir pour un public international
Ne présupposez aucun réflexe de tri commun. La signalétique doit se comprendre sans langue et sans culture partagée, et c'est un vrai exercice de design.
Mélanger les niveaux
Le format sprint le permet : la répartition en groupes de production en fin de semaine absorbe les écarts de maturité mieux qu'un cours.
Vous voulez que vos étudiants travaillent sur un sujet réel, chez vous ?
30 minutes pour regarder vos flux, votre calendrier pédagogique et la forme que prendrait la semaine dans votre établissement.
FAQ
On répond à toutes vos questions.


